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Entre les différentes réactions et passions, les multiples épreuves de démonstrations et les manifestations contre la menace d'une guerre, l'homme de la rue, l'artiste et l'handicapé se ressemblent dans leur incompréhension de ne pouvoir atteindre la volonté et l'esprit des nombreux textes versant dans la compréhension mutuelle entre les peuples, les droits de l'homme, les droits des enfants. Parmi les artistes euro-méditerranéens et autres ayant pris position contre la militarisation des conflits, de la Méditerranée et du Golfe, Mme Layla Aattar, artiste Iraquienne, attirait l'attention sur la guerre après la guerre, elle meurt quelques mois plus tard sous les bombardements du centre culturel " Saddam Art Center ", bien après le cessez-le feu. Les bombardements gravent la terre de la civilisation mésopotamienne, et la mémoire des artistes autant que ses oracles la symbolique de la femme, le métier d'être femme en Iraq dans sa volonté de survivre et mourir pour et à travers les autres. Les débuts d'une culture de l'embargo s'annoncent par de multiples représentations, de la reprise du thème de la révolution française et ce qu'elle véhicule dans l'imaginaire jusqu'à la broderie de la calligraphie du sacré au bout des doigts, du fil: les droits desservis.
Lors d'une réunion à l'UNESCO M. Ismail AI CHEIKLI, artiste plasticien iraquien, nous parle de priorités et échange toute idée de matériel de travail sur les séquelles de la guerre et les faits de l'embargo... manque d'eau potable, chlore et autres produits de première nécessité à la santé interdits avec les remèdes aux épidémies,... les tubes de couleurs ne peuvent remplacer les tubes de pénicilline ou les antibiotiques, une longue liste de médicaments leur faisant défaut. On vend ses petits riens pour ne pas mourir de faim.. A la Croix Rouge, l'UNICEF, la FAO et même dans les couloirs des Nations Unies ont fait état de rapport de dépérissement. La logique de l'après-guerre a été les négociations directes ou indirectes selon des conditions de retour à la paix, le cas de la guerre du Golfe laisse les questions suspendues entre, d'une part, ses conditions préalables, son motif officiel et ses "raisons déraisonnables", d'autre part le type, les moyens et les objectifs qui restent également à l'origine de l'appel des artistes et intellectuels à la "culture de paix"* interpellant les institutions des Nations Unies, les politiques, les pouvoirs des partis entraînés sans réflexion libre et indépendante nécessaire à leurs visions réelles et proportionnelles de la libération du Koweit, et, une guerre administrée, sophistiquée et récupérée par les États-Unis dont la "propreté chirurgicale" n'a pas pris fin par le blocus et l'embargo. La logique de guerre à trois temps ou étapes, ladite du Golfe, étape des coalisés, dotée de moyens qui justifient celle du blocus et l'embargo, suivie de la troisième dont la cause, la nature et l'ampleur de la machine de guerre sont imposées cette fois à l'opinion internationale, à quelle mesure "contre la personne de Saddam HUSSEIN" ? et à quelles autres mesures contre les armes chimiques supposées être dissimulées dans les sites présidentiels? La commission spéciale des Nations Unies, l'UNSCOM, n'a-t-elle pas fait son temps et commencé son propre démantèlement?
Au nom du droit international, européens, arabes et autres coalisés à l'armée américaine ne se sont-ils pas trompés de guerre ? où dans une stratégie globale d'une guerre dont ils ne connaissaient pas l'évolution, ne comprenaient pas tous les objectifs, n'en avaient pas les mêmes moyens, cette guerre leur a -t-elle joué un tour? puisque aujourd'hui ils ne la soutiennent pas.
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A quel niveau se situent leurs responsabilités dans le blocus, l'embargo et ses conséquences développant le génocide différé, comme le constate un responsable de la Croix Rouge Internationale, même si la plupart ne sont plus pour? enfin s'agit-il d'opportunité stratégique d'implication des coalisés dans un cadre d'une politique au Proche-Orient ? vise-t-elle l'Iraq ? puis après l'Iraq et les Palestiniens ?
Au-delà des jeux des intentions et des intérêts, les revers à ces interrogations nous questionnent davantage sur la conduite au nom de certaines représentations du droit international à une guerre qui perdure, se transforme et s'aggrave contre d'autres représentations ayant trop bonnes idées d'elles-mêmes par rapport au droit international. II y a de quoi s'inquiéter sur l'élasticité politique de la démocratie qui conduit les droits de l'homme à l'imposture.
Les portraits croisés autour des tables de l'embargo et sous son poids posent aussi les problèmes de sa légalité tant en Iraq que sur le plan des spécificités arabes et musulmanes , ou, dans ce cas les notions du péché et de la solidarité sacrée entre croyants** expriment une atteinte à deux grandes sensibilités spirituelles et culturelles de surcroît à la dignité en tant que valeur morale. La guerre et l'embargo n'encouragent ni la démarche démocratique, ni la sécurité, ni le développement, "on tape encore sur l'arabe, on martyrise le musulman", c'est ce qui reste. Ce reste malheureux personne n'en veut, car il s'inscrit dans certaines traditions du bilatéral, ses accords, ses désaccords n'ayant pas permis l'évolution d'un dialogue entre Nord-Sud à travers tes artistes, les artisans, les gens de culture, du rapprochement entre les peuples et de la coopération au développement.
L'embargo enregistre au-delà des centaines de milliers de signatures, le discrédit entre les décideurs et des principes culturels propres à l'identité arabe dans ses trois principales confessions, musulmane, chrétienne, juive. A cet effet on peut constater qu'au-delà des différends et divergences, trois personnages, le cinéaste Youssef Chahine, le recteur de la mosquée et université El Azhar et un artiste peintre juif voulant garder l'anonymat, constituent l'exemple symbolique et traduisent une position commune.
L'homme de la rue, artiste, handicapé dans les privations de ses droits, le dénouement de ses acquis et la dégradation du peu qui lui reste, deviennent un pour une réclamation: le droit à la vie. Après sept ans de misère, de maladie de faim, plus d'un million et demi de morts dont plus que la moitié sont des enfants de moins de cinq ans, un autre million sera marqué à vie par manque de nutrition.
Un peuple qui survit dans la pénalisation collective, bien au dessous de tout seuil minimum d'existence, relève du crime collectif contre l'humanité. Le négoce des médicaments, de nourriture, des besoins urgents à sa vie quotidienne par des textes et des manoeuvres politiciennes est une nouvelle arme de destruction massive déguisée, à mort lente après les bombardements à l'uranium "appauvri" et ses conséquences, en plus d'une nouvelle menace de guerre comme si elle s'était arrêtée .. par un génocide au nom du droit international.. par ceux qui ont signé les droits de l'homme.
"Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. Ce droit doit être protégé par la loi. Nul ne peut être arbitrairement privé de la vie".***
(Déclaration Universelle des Droits de l'homme)
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