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Le thème que nous abordons n'est pas un thème spécifique à notre époque, comme il le paraît, en tant que "rôle nouveau de la femme" dans la société, il serait peut être utile de rappeler, que la femme a joué son rôle pluridimensionnel dès l'antiquité à nos jours en tant qu'élément du développement des êtres et des civilisations dans des fonctions économiques, sociales et culturelles.. Si l'homme a inventé la chasse, la femme a géré la famille, l'organisation de ses besoins urgents, sa survie et pérennité. Elle a initié la passation du savoir, la gestion du quotidien par un rôle utilitaire et solidaire, éducatif et créatif. C'était elle qui était le médecin, l'enseignante, l'artiste et l'artisane. Et si aujourd'hui on parle de son accès au champ économique, nous lui devons la mémoire des femmes qui les définit en tant qu'éléments du développement, que les lectures et les conditions n'ont pas toujours su reconnaître.
Le thème donc que nous traitons aujourd'hui équivaut à l'intégration de la femme au développement, terme d'ailleurs que je préfère nettement au terme du "genre", traduit machinalement de l'anglais et qui est souvent de mise dans certains cercles des institutions et des ONG. Pour ce faire, il convient aujourd'hui, de dresser un état de lieux en Méditerranée, mais aussi entre l'Europe et la Méditerranée, en tant qu'espace géo-économique et culturel où se définissent maintes spécificités et contradictions, afin de pouvoir y discerner les possibilités actuelles et à venir, mais aussi les contraintes qui, souvent, nous enseignent différemment ou encore mieux que les facilités.
La femme en région méditerranéenne, a été et l'est toujours, la gardienne de la mémoire culturelle collective et commune qui a influencé directement ou indirectement toute évolution : Mémoire "collective" au niveau de sa famille, sa communauté, sa région, et "commune" entre les peuples et les expressions culturelles dont la diversité à toujours fait la richesse de cette région du monde. Elle a même été le fond de liaison et d'interaction entre peuples, tribus et époques.
Ce sont les femmes qui ont sauvegardé et perpétué cette mémoire d'appartenance commune, à partir de leur effort créatif de la découverte du point de croix dans la broderie des costumes jusqu'au linge de maison, la poterie utilitaire, la parure nuptiale, la cuisine qui fait partie de la culture, tout en assurant la survie, la nourriture, les soins, en temps de paix comme en temps de guerre, chez elles, en exil ou en immigration.. Plusieurs d'entre elles assurent encore aujourd'hui, dans des conditions très difficiles, les maigres revenus de leur ménage, avec comme simple arme leurs compétences transmises de mère en fille, leur foi et leur volonté d'être femmes de développement, sans arrière pensée et sans même connaître ce terme. Plusieurs micro projets locaux ont commencé ainsi à émerger, basés sur ces compétences des femmes qui se transforment et évoluent en "domaines professionnalisants" à partir de cette "culture de la vie quotidienne".
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Elles souhaitent de plus en plus devenir professionnelles, gestionnaires, créatrices de revenus pour leur famille et leur communauté, personnes autonomes à part entière. Et c'est cet ancrage qui constitue un facteur incontestable de viabilité des projets entrepris ou à entreprendre en tant que fonction et responsabilité à remplir envers elles-mêmes et leur entourage.
La variété, la diversité et l'efficacité des structures créées et gérées par les femmes n'est plus à démontrer, malgré les immenses difficultés qu'elles rencontrent souvent dans ce "parcours de combattantes" : Difficultés externes, préjugés, mentalités et législations défavorables, obligations familiales pesantes, mais aussi obstacles internes, dérivés de leurs propres préjugés et mentalités, mais aussi par le manque de savoir-faire et de moyens pour y accéder.
Économies de proximité et développement local - avantages et contraintes
Ceci étant dit, les femmes qui sont à la fois porteuses et bénéficiaires des projets, ont beaucoup d'obstacles à surmonter, et en priorité leur vulnérabilité sociale et économique :
La majorité d'entre elles relèvent des catégories sociales pauvres ou sujettes à la marginalisation Elles souffrent de discriminations au sein même de leur entourage Elles souffrent d'une lourde charge de travail à la maison même
A ces facteurs il faut ajouter que la femme comme partout, mais notamment en région méditerranéenne, est la première victime du chômage, des conflits et de la pauvreté. Les conditions géopolitiques et les conflits durables, engendrent des régressions importantes au niveau social et familial, l'abandon des études, l'enfermement, les violences conjugales, le manque d'accès aux informations. Les cas de la Palestine et de l'Irak sont tristement éloquents à cet égard, mais malheureusement pas les seuls à démontrer. L'afflux de femmes d'Europe de l'Est et de l'ex URSS dans les pays dits "développés" du Sud de l'Europe, la Grèce et l'Italie étant les sombres témoins, bouleverse les compositions des sociétés, renverse notre perception du quotidien, créant la nécessité d'un nouveau regard sur les données sociales et sur les manières à remédier d'urgence aux fléaux du trafic d'êtres humains et de la prostitution, de même que les "oubliées" de l'immigration clandestine. Cela va sans parler des ghettos des "cités" en France et dans les autres métropoles européennes, donnant naissance à de nouveaux phénomènes de haine et de violence, dont des fillettes issues pour la plupart de l'immigration, se présentent maintenant des fois comme les actrices, à part victimes.
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